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Fraise gariguette
La fraise est le fruit des fraisiers (Fragaria), plantes herbacées de la famille des Rosaceae. Ces fruits sont botaniquement parlant des faux-fruits.

L'espèce la plus consommée dans le monde est issue de l'espèce hybride Fragaria ×ananassa. Dans la suite de cet article, c'est généralement de celui-ci qu'il est question sauf mention contraire.

Quelques fruits d'autres espèces sans rapport avec Fragaria, et par analogie de forme, portent le nom vernaculaire de fraise. 

HistoriqueModifier

En Europe et en Amérique du Nord, les fruits de l’espèce Fragaria vesca, le fraisier des bois, sont de petite taille. Connus depuis l'Antiquité, les Romains les consommaient et les utilisaient dans leurs produits cosmétiques en raison de leur odeur agréable. Elle est cultivée dans les jardins européens vers le XIVe siècle.

Le fraisier musqué est connu pour ses fruits petits d'une saveur musquée unique que les connaisseurs donnent comme supérieur à la fraise des jardins. Il est cultivé depuis le XVIe siècle. Le premier cultivar connu du genre Fragaria appartient à cette espèce avec ‘Le chapiron’ nommé en 1576.

Le fraisier vert a été très peu cultivé car ses fruits sont moins intéressants par leur acidité plus forte que les espèces ci-dessus. Cependant il a fait l'objet de cueillettes pour la consommation personnelle. Chili, terre des fraises à gros fruits.

Vers la fin du XVIe siècle l'explorateur Jacques Cartier rapporte du Canada en France des plants de (Fragaria virginiana Mill. subsp. virginiana). L'espèce intéresse assez par ses fruits parfumés pour être cultivés pour le commerce surtout en Grande-bretagne et aux USA. Encore de nos jours, il existe une production industrielle faible mais suivie en Grande-bretagne. C'est la première fraise à murir.

En 1714, l’officier du Génie maritime Amédée-François Frézier rapporte en fraude du Chili cinq plants de Blanches du Chili, des fraisiers à gros fruits blancs cultivés la-bas depuis longtemps par les amérindiens, le (Fragaria chiloensis subsp. chiloensis forma chiloensis Staudt). Ces fraisiers se révélèrent malheureusement être uniquement des plants mâles et ne donnèrent jamais de fruits. Quelques décennies plus tard, après importation de plants fertiles, la culture de blanches du Chili a été tentée en Grande-Bretagne (en 1824 trois variétés sont décrites) mais elle est peu résistante au froid et sous le climat anglais il est rarement possible de l'amener à fructifier et même alors, il est difficile de la faire murir correctement.

Vers 1740, le botaniste Antoine Nicolas Duchesne observe que de beaux fruits sont obtenus lorsqu'un fraisier du Chili est cultivé près d'un fraisier de Virginie. Ce croisement spontané, qui se produit notamment en Bretagne, en Angleterre et aux Pays-Bas, est à l'origine d'un nouvel hybride qui associe la saveur de Fragaria virginiana et la grosseur du fruit de Fragaria chiloensis et qui possède un parfum d'ananas à l'origine de son nom botanique : Fragaria ×ananassa Duch.

C'est de cet hybride que provient l’essentiel des variétés de fraises à gros « fruits » que l’on cultive désormais.

C'est en Angleterre que seront en premier créées plusieurs variétés issues de cette hybridation et qu'en sera développée la culture industrielle. L'Angleterre dominera longtemps le marché européen de la fraise, en concurrence avec Plougastel.

En 1740, la ville de Plougastel (limitrophe de Brest), déjà productrice de fraisier des bois, devient le premier lieu de production de cette nouvelle espèce dite « fraise de Plougastel». La culture de la fraise devient la spécialité de la commune, qui produira près du quart de la production française de fraises au début du XXe siècle. Plougastel héberge depuis 1997, le « Musée de la Fraise et du Patrimoine ».

Une variété légèrement plus petite sera développée dans le Sud de la France à partir de croisement avec des fraisiers nains méditerranéens, moins exigeants en eau, la « gariguette », variété de fraise la plus vendue en France et issue de travaux de l'Inra. Cette dernière, dont le fruit est de forme plus allongée (et davantage coloré à maturité), a cependant le défaut d’une moins bonne conservation. Mais sa saveur, plus proche de la fraise des bois, et connue des Provençaux, est souvent considérée comme plus "authentique" que celle de la fraise commune. Hors du Sud de la France, cette variété de fraise pose problème, car du fait du transport elle arrive aux étalages soit très chère, soit abîmée, soit enfin elle est récoltée avant sa pleine maturité pour en faciliter le transport, ce qui ne laisse pas le temps au fruit de développer ses saveurs spécifiques.

Vers 1940, la Californie devient premier producteur mondial de fraises.

En Belgique, la région de Wépion connaît un essor semblable dès la moitié du XXe siècle. L’activité se développa surtout dans l’entre-deux-guerres et atteindra son apogée dans les années 1950-1960. Leur réputation est telle que les fraises de Wépion sont commercialisées aux Halles de Paris et ensuite sur le marché de Rungis qui leur succédera. Au début des années 1970, l’activité décline et ce n'est qu’à la fin des années 1990 qu’elle gagne en regain.

Le secteur se professionnalise et la Criée de Wépion devient la plate-forme de commercialisation d’un fruit cueilli à maturité, vendu via des circuits courts. Wépion héberge également un musée de la Fraise de Wépion.


Description Modifier

La fraise pousse sur un fraisier. Elle est formée par l'ensemble du réceptacle charnu de la fleur. Elle a une couleur rouge ou jaune blanchâtre selon les variétés, et une forme ovoïde oblongue plus ou moins arrondie.

Au sens botanique du terme, les « vrais » fruits sont en fait les akènes, ces petits grains secs (communément appelés à tort pépins alors que ce dernier terme ne devrait désigner que leur minuscule graine centrale) disposés régulièrement dans des alvéoles plus ou moins profondes sur la fraise, de couleur verte à brune, et renfermant chacun soit un ovule (non fécondé) soit une graine (qui porte alors un germe lorsque la fraise arrive à maturité).

Le corps charnu de la fraise étant formé par le réceptacle floral (induvie hypertrophié sous l'effet des auxines) est ce que l'on consomme avec ou sans les akènes (l’épépinage des fraises consiste à ôter ces fruits secs du reste de la chair pulpeuse pour la préparation de gelées). Ce sont les akènes qui produisent une hormone permettant au faux-fruit de grossir.

Autres espèces botaniquement différentes :

  •    Fraise de Chine : Fruit de Myrica rubra souvent confondu avec ceux de l'arbousier
  •    Fraise d'Inde : Fruit de Duchesnea totalement sans intérêt alimentaire

VariétésModifier

Parmi les nombreuses variétés existantes (plus de 600), on peut citer :

  •  'Alba'
  •  'Annapolis'
  •  'Bogota'
  •  'Candiss'
  •  'Capella'
  •  'Chambly'
  •  'Chandler'
  •  'Charlotte'
  • 'Ciflorette'
  •  'Cigaline'
  •  'Cijosée'
  •  'Cirafine'
  • 'Cirano'
  • 'Cireine'
  • 'Darselect'
  • 'Douglas'
  • 'Elsanta'
  • 'Festival'
  • 'Fortuna'
  • 'Gariguette' (20 % de la production française)
  • 'Honeoye'
  • 'Jewel'
  • 'Kent'
  • 'Lambada'
  • 'Machiroux'
  • 'Majoral'
  • 'Mamie'
  • 'Manille'
  • 'Mara des bois'
  • 'Maraline'
  • 'Marascor'
  • 'Marjolaine'
  • 'Ozark Beauty'
  • 'Pajaro'
  • 'Redcoat'
  • 'Ruby Gem'
  • 'Selva'
  • 'Senga Sengana'
  • 'Sparkle'
  • 'Sweet Charlie'
  • 'Vivarosa' (fleur rose)
  • 'Valeta'

Quelques variétés remarquablesModifier

  •  Arômes

Alors que les programmes de sélections mondiaux portent sur la forme, la couleur et la fermeté, les sélectionneurs français sont les seuls à travailler sur l'arôme des fruits. 'Belrubi', 'Ciflorette', 'Gariguette', 'Mara des bois' en sont les références.

Des hybridations avec d'autres espèces principalement Fragaria moschata et vesca ont introduit de nouveaux arômes de fruits.

  • Fleurs roses

L'hybridation entre des espèces du groupe des Potentilles et des Fragaria, commercialisée pour la première fois en 1989, a permis l'obtention de fraisiers produisant des fruits de taille presque équivalente à Fragaria ×ananassa mais à fleurs roses : 'Camara', 'Fragoo', 'Lipstick', 'Loran', 'Pink panda', 'Red ruby', 'Rosalyne', 'Serenata', 'Tristan', 'Toscana', 'Vivarosa'

  •  Fraisier de semis

Variétés F1 reproductible par semis : 'Elan', 'Karan', 'Loran'

  •  Niveaux de ploïdie différent

Des croisements avec Fragaria vesca polyploïde ont donné une nouvelle espèce Fragaria ×vescana à 70 chromosomes (2n=10x=70) produisant des fruits associant un arôme proche de F. vesca avec quasiment la grosseur de F. ×ananassa : 'Florika, 'Rebecka', 'Sara', 'Spadecka'

  •  Nutrition

Mise au point au Québec en 1996 la fraise 'Authentique Orléans' montre des effets positifs sur les symptômes associés au syndrome métabolique et au diabète de type 2 en régularisant le taux de sucre dans le sang et en réduisant l’inflammation.

Sa durée de conservation exceptionnelle allant jusqu’à 21 jours a attiré l'attention des obtenteurs sur ce cultivar. Des analyses ont montré sa teneur beaucoup plus élevée en antioxydants (principalement l'acide ellagique) que certaines autres variétés, principalement la Kent, qui servait de témoin lors de ces études. Des tests in vitro et in vivo ont montré que des extraits d' 'Authentique Orléans' améliore la régulation du glucose sanguin.

Elle est cultivée uniquement par un producteur exclusif à l'Île d'Orléans dans la région de Québec.

Culture Modifier

La plus ancienne fête des fraises d'Europe (1925) se déroule à Bièvres dans l'Essonne, à une quinzaine de kilomètres de Paris, tous les ans, au mois de juin. La culture de la fraise débuta dans la commune en 1883.

SaisonModifier

Selon la variété, la saison de maturation des fraises s'étend de mai à septembre dans l'hémisphère Nord. Par des techniques de cultures artificialisées de types hors-sol, sous tunnel et chauffée, il est possible de produire des fraises en dehors de cette période (avril à novembre).

Utilisation Modifier

  • Entières, nature, avec de la crème (crème fraîche, crème chantilly,...), du vin et/ou du sucre et aussi du sel.   
  • Tarte aux fraises, fraisier, fraise Melba.
  • En morceaux dans des yaourts.
  • Glace à la fraise (crème glacée ou sorbet)
  • En cocktail comme le « hermanito » créé à l'occasion du « Bacardi Superior rum Legacy Cocktail Competition 2010 France », ou encore le « recuerdo » qui a été élaboré pour l'édition 2012 du même concours pour célébrer les 150 ans de la marque commerciale.


La plupart des crèmes glacées et yaourts agro-industriels utilisent des arômes artificiels de fraise pour le bas de gamme.

D'autres utilisent des arômes naturels et des fraises d'agriculture intensive pour le milieu de gamme.

Les desserts haut de gamme, demandant une somme de travail plus importante, ne se trouvent guère que chez les petits producteurs de fraises tournés vers le marché de niche et proposent parfois en vente directe leur production transformée par leur soin (sorbets, confitures tartes...). Quelques pâtissiers, glaciers et confiseurs, proches d'une ferme de ce genre ou fréquenté par une clientèle avertie et demandeuse de qualité, élaborent ces types de produits.

Valeur nutritiveModifier

La fraise regorge de vitamine C (antioxydants), de vitamine A (sous forme de précurseur, le β-carotène, mais pas de rétinol qui doit être synthétisé) pour stimuler les défenses immunitaires, de vitamine B9 (acide folique), important pour les femmes enceintes.

Elle est riche en oligo-éléments, sous forme de sels de potassium pour le système nerveux et contre la fixation excessive du sodium, de calcium pour les os, et du magnésium contre le stress.

Elle contient également du furanéol (l’alcool aromatique qui lui donne son parfum et son goût).

Les allergies alimentaires aux fraises sont fréquentes. Chez l'enfant, on déconseille donc l'introduction de ce fruit dans l'alimentation avant l'âge de six mois.

Fraise crue (valeur nutritive pour 100 g) 
eau  88,95 g
glucides 7,68 g
dont sucres simples 4,66 g
 fibres alimentaires 2,0 g
protéines  0,67 g
lipides 0,30 g
cendres totales 0,40 g
valeur énergétique 32 kcal
acides gras
poly-insaturés 155 mg
mono-insaturés 43 mg
saturés 15 mg
dont cholestérols 0 mg
oligo-éléments
potassium (K) 153 mg
phosphore (P)  24 mg 
sodium (Na) 1 mg 
zinc (Zn) 140 µg
calcium (Ca) 16 à 40 mg
magnésium (Mg)  13 à 15 mg
fer (Fe) 420 µg
cuivre (Cu)  48 µg
vitamines 
vitamine C 58,8 mg
vitamine B3 (PP) 386 µg
vitamine B5 125 µg
vitamine B9 (M) 60 µg
vitamine B6 47 µg
 vitamine B1 24 µg
vitamine B2 22 µg
vitamine K 2,2 µg
vitamine E 0,29 µg
vitamine A 12 UI
dont rétinol  0 µg
vitamine B12 0 µg

      

Certaines fraises étant cultivées de manière industrielle et dans de mauvaises conditions peuvent encore contenir des résidus de pesticides mais ceux-ci ne sont tout de même pas employés sur les fraises après récolte. La fraise est un fruit très périssable. Par conséquent, après la récolte, le refroidissement immédiat, le stockage à 0 °C (32 °F), la prévention des dommages physiques aux fruits, et le transport avec des doses élevées de dioxyde de carbone sont des méthodes employées par les fraisiculteurs pour contrôler les maladies. En outre, il faut prendre soin d’éliminer les fruits malades ou blessés lors de la récolte pour éviter qu’ils ne contaminent les fruits sains voisins. La méthode conservant l'intégrité nutritionnelle d'une fraise restera toujours la consommation immédiate après la récolte. 

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