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Cidre
Le cidre est une boisson alcoolisée titrant de 2 % à 8 % d'alcool obtenue à partir de la fermentation du jus de pomme.

OrigineModifier

Dans l'Antiquité, Pline et Strabon évoquent des boissons aigres fabriquées à partir de pomme.


En FranceModifier

Le mot cidre au sens de « jus de pommes fermenté » est attesté pour la première fois en 1130 - 1140 dans la langue d'oïl, en dehors de tout contexte biblique, chez l'auteur Normand Wace dans sa Conception de Nostre-Dame.

Au début du Moyen Âge, les auberges et marchands vendent une sorte de cidre appelé en latin médiéval succus pomis ou pomatium réalisé à partir de pommes sauvages concassées et allongées d'eau, consommée lors des disettes de céréales ou de vin. Au XIIIe siècle, l’invention du pressoir favorisa l’essor de la production cidrière. Au XVIe siècle, le gentilhomme basque Guillaume Dursus améliora la technique, notamment en important de nouvelles variétés de pommes en vallée d’Auge.

D’après les auteurs et les documents de l'époque, la diffusion du cidre en Normandie n'est pas très ancienne, elle n'est pas antérieure au XIIe siècle avec l'arrivée de variétés de pommes à cidre du nord-ouest de l'Espagne. Cependant, la culture des pommes est attestée par des noms de lieux anglo-scandinaves qu'il est possible de dater assez précisément, comme remontant à peu près au Xe siècle : Auppegard (Appelgart vers 1160), Épégard (sous la forme latinisée Auppegardus en 1181), comparables à Applegarth dans le Yorkshire (du vieil anglais æppel « pomme », suivi du vieux norrois garðr « clos »), ou Yébleron (Eblelont au XIIIe siècle, du vieux danois æppla « pommes » + lundr « bois »), qui peuvent avoir le sens très général de « pommeraie ».

Il est appelé sistr en Bretagne, où il fait son apparition au XIIIe siècle. Il tient depuis lors une place importante dans cette région.

Suivant des témoignages, le cidre était la boisson du peuple dans le Maine.

Au XVIe siècle, dans certaines parties de la Normandie, la bière était encore la boisson du peuple et des domestiques comme moins chère et plus commune, et le cidre, la boisson de luxe réservée aux maîtres.

  • « Il n’y a pas cinquante ans, disait en 1573 un auteur normand, à Rouen et en tout le pays de Caux, la bière estoit le boire commun du peuple, comme est de présent le cidre… En Normandie il ne se trouve monastère, ni maison antique où il n’y ait vestiges manifestes et apparentes ruines de brasseries de bière qu’on y souloit faire pour la provision ordinaire. »

Il en était différemment dans le Bas-Maine, où à cette époque le vin était nommé Monsieur, et le cidre Gilles du Pommain, breuvage de maczons.

UtilisationModifier

DistillationModifier

La distillation du cidre produit le calvados ou, en Bretagne, le lambig. D´origine Normande le Calvados était il y a plus de cinquante ans obtenu par distillation de cidre traditionnel titrant autour de 5° d´alcool. Cette distillation était faite pour le compte de fermiers qui avaient un certain nombre de pommiers dans leurs champs. Ils étaient nommés exploitants producteurs. Les distillateurs étaient des itinérants appelés bouilleurs de cru. Ils se déplacaient de village en village et de ferme en ferme avec leur bouilleuse qui était tirée par un cheval.Plus tard on adaptera des roues à pneus afin de voyager plus facilement avec un tracteur.Les bouilleuses étaient en général des alambics à colonne de marque ESTÈVE fabriquées à Bordeaux. Un très bel exemplaire d´une bouilleuse existe à Valognes, ville du Nord Cotentin au musée du cidre et du calvados.La distillation était en fait une simple distillation qui avait lieu d´une seule chauffe. La chaudière était alimentée au feu de bois. Le calva était tiré autour de 70°, car les fermiers n´avaient droit qu´a dix litres d´alcool pur. (10x100=1000°)En fait environ quatorze litres à 70°. Mendés-France abolira ce système.

CuisineModifier

Le cidre est également un élément important des cuisines normande et bretonne.

Le cidre est utilisé en accompagnement d'un plat ou dans les sauces. Son goût sucré et acidulé se mariant avec toutes sortes de plats, en particulier ceux à base de viande de porc, de poulet et de lapin mais aussi des poissons et, bien sûr, des cocktails et des desserts.

Le bœuf au cidre est un plat qui remonte à l'époque médiévale.

Boisson festiveModifier

Fêtes traditionnellesModifier

Les producteurs de cidre ont pourtant fait des efforts qualitatifs et pour diversifier leur offre mais, si le cidre a séduit les grands chefs cuisiniers, le consommateur l'associe encore trop souvent aux crêpes et aux traditions paysannes.

Le cidre est consommé surtout lors des fêtes traditionnelles comme l'Épiphanie, avec la galette des rois, ou la Chandeleur, en accompagnement des crêpes. C'est aussi la boisson des vacances, en particulier celle des touristes séjournant dans des régions de grosse production comme, par exemple en France, la Bretagne ou la Normandie.

Pour rajeunir et améliorer l'image de marque du cidre vis-à-vis des vins et en particulier des champagnes dont, contrairement au cidre, les consommateurs ont appris à identifier les producteurs, les saveurs, les cépages ou l'origine, les producteurs multiplient les séances de dégustation et les campagnes de communication dans l'espoir de conquérir d'autres marchés et tranches d'âge.


Fêtes du cidre et de la pommeModifier

(Liste non exhaustive classée par ordre alphabétique des communes)

  • Fête du cidre Asturienne aux Asturies à Nava
  • Fête du cidre basque à Bayonne au Pays basque
  • Fête du Cidre de Beton-Bazoches en Île-de-France ;
  • Fête du cidre de Beuvron-en-Auge en Normandie ;
  • Fête du cidre et de la pomme de Caudebec-en-Caux en Normandie ;
  • Fête du cidre et de la pomme de Chambly en Picardie ;
  • Fête du cidre de Forges-les-Eaux en Normandie
  • Fête du cidre de L'Hôtellerie-de-Flée en Anjou ;
  • Fête du Cidre de Milly-sur-Therain en Picardie
  • Fiesta de la sidra natural à Gijón aux Asturies
  • La Faîs'sie d’Cidre à Jersey (Îles Anglo-Normandes)

CuratifModifier

Depuis ses débuts jusqu'à l'ère moderne, de nombreux praticiens ont vanté les vertus curatives du cidre, notamment contre la « gravelle ». À la fin du XIXe siècle, le médecin Édouard-Pierre-Léonor Denis-Dumont34 trouva ainsi au cidre des vertus prophylactiques pour la « maladie de la pierre » (calculs rénaux).

Le médecin protestant Julien Le Paulmier de Grantemesnil, devenu hypocondriaque à la suite du massacre de la Saint-Barthélemy, se retira en Normandie et, persuadé, dit E. Haag, qu’« il était guéri par l’usage du cidre de palpitations du cœur qui lui étaient restées à la suite des journées de la Saint-Barthélemy où il avait vu périr plusieurs de ses amis et où il avait couru lui-même de grands dangers, il écrivit un traité sur le cidre pour préconiser cette boisson, que selon lui, on devait préférer au vin ». Le cidre dans la culture

Le poète normand Jean Duhamel est l’auteur d’une Ode sur le cidre (1728). L’œuvre principale du poète anglais John Philips est le poème didactique du Cidre (1706) imité des Géorgiques de Virgile. Belles-lettres

"De nous se rit le François : Mais vrayement, quoi qu’il en die, Le sildre de Normandie Vault bien son vin quelquefois. Coulle à val, et loge, loge ! Il faict grand bien à la gorge.

Ta bonté, ô sildre beau, De te boire me convie ; Mais, pour le moins, je te prie, Ne me trouble le cerveau. Coulle à val, et loge, loge ! Il faict grand bien à la gorge."

Olivier Basselin

CitationModifier

« La nature est prévoyante : elle a fait pousser la pomme en Normandie sachant que c'est la région où l'on boit le plus de cidre. » Henri Monnier Locutions

Originellement, le cidre était une boisson peu onéreuse, utilisée dans la vie de tous les jours. C'est la raison pour laquelle, dans ses pays de production, l'expression populaire « Ça ne vaut pas un coup de cidre » est assez répandue et signifie que cela n'a aucune valeur.

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