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Chataigne
La châtaigne est le fruit comestible du châtaignier. Les châtaignes non cloisonnées sont appelées des marrons, à ne pas confondre avec le marron d'Inde, qui est la graine toxique du marronnier d’Inde ou marronnier commun (Aesculus hippocastanum). La châtaigne fut longtemps la base de l'alimentation humaine dans des régions entières. On appelait, d'ailleurs, le châtaignier « l'arbre à pain » mais aussi « l'arbre à saucisses » car les châtaignes servaient aussi à l'alimentation des porcs.

La bogue est l'enveloppe hérissée de piquants qui protège les fruits. Les différents mots désignant la châtaigne en Europe dérivent tous du latin Castanea.



DescriptionModifier

Une châtaigne est formée d'une coque mince, coriace, brune et brillante contenant une graine. La coque est un péricarpe possédant les trois couches classiques de la paroi d'un fruit : épicarpe, mésocarpe et endocarpe. La châtaigne se détache de la bogue par son hile. Elle a un côté saillant d'où émerge une petite touffe appelé « torche » qui est le reste desséché du pistil et des cinq ou sept « stigmates » floraux et qui protège le germe (plumule). Dans de nombreuses variétés, le fruit est aplati sur un ou deux côtés.

La graine est enveloppée dans un tégument, une pellicule rougeâtre et astringente appelée le « tan » (à cause des tanins qu'elle contient), qui pénètre dans les replis de l'amande, et qu'il faut retirer avant de consommer la châtaigne. Les variétés de châtaignes dont le tégument de la graine ne cloisonne pas l'amande sont appelées marrons. Le poids de la châtaigne peut varier de 10 à 25 grammes selon la variété.

Valeur nutritiveModifier

La châtaigne, qui est un akène, est formée d'une masse farineuse enveloppée d'une écorce lisse de couleur brun rougeâtre appelée le « tan ». Marron peut à la fois désigner certaines variétés améliorées de châtaignes et les marrons d'Inde (graine du marronnier que l'on trouve dans les villes). Ceci peut prêter à confusion ; il convient d'être vigilant car la graine du marronnier (le marron d'inde) est toxique. On distingue une châtaigne d'un marron d'Inde grâce à leur forme (le marron d'inde est généralement plus gros et plus rebondi) et à la queue de la châtaigne (la « torche ») que l'on ne trouve pas sur un marron d'Inde.

La crème de marrons et les marrons glacés sont fabriqués à partir de certaines variétés de châtaignes appelées marrons.

L'amande fraîche contient jusqu'à 35 % de glucides (amidon, saccharose, dextrines), 5 % de fibres, mais est pauvre en protides (albumines) et lipides. Elle contient aussi des vitamines, notamment de la vitamine C et des éléments minéraux, notamment du potassium. Le taux de sucre du fruit évolue dans le temps : il est généralement plus important quelques semaines après la récolte.

La farine de châtaigne contient plus de 75 % de glucides, ce qui en fait un aliment énergétique.

Châtaigne, grillée (valeur nutritive pour 100g, d'après Afssa)

eau : 40,5  g cendres totales :   g fibres : 5,1 g valeur énergétique : 869 kJ
protéines:3,17 g lipides: 2,2 g glucides: 42,6 g amidon : 32 g
oligo-éléments
calcium : 29 mg fer : 0,91 mg magnésium : 33 mg phosphore : 107 mg
potassium : 592 mg manganèse : 1,18 mg cuivre : 0,5 mg sodium : 2 mg
vitamines
vitamine C : 26 mg vitamine B1 : 0,24 mg vitamine B2 : 0,17 mg vitamine B3 : 1,34 mg
vitamine B5 : 0,55 mg vitamine B6 : 0,49 mg vitamine B9 : 117 µg vitamine B12 : 0 µg
bêta-carotène : 14 µg rétinol :   µg vitamine E : 1,2 mg EAT vitamine K :  µg
polyphénols d'après Phenol-Explorer pour la châtaigne crue
acide ellagique: 735,44 acide gallique: 479,9 mg proanthocyanidol trimère C-1 : 0,02 mg (+)-catéchine : 0,001 mg

La châtaigne est pauvre en matière grasse et très pauvre en cholestérol et sodium. C'est une bonne source de manganèse.

VariétésModifier

De nombreuses variétés sont cultivées pour répondre aux besoins de la confiserie ou de la conserve.

Le critère de choix primordial pour acheter une châtaigne de qualité est avant tout sa variété. Les variétés hybrides, issues de croisements génétiques telles que Bouche de Bétizac, Marigoule (M15), Bournette ou Précoce Migoule donnent de gros et beaux fruits mais ne sont, selon certains, pas les meilleures.

Les variétés traditionnelles telles que Comballe, Bouche rouge (aussi appelée Marron de Lyon), Sardonne, Figarette, Pellegrine, Précoce des Vans, Pourette, Merle, Bouche de Clos, Aguyane ou Marron de Chevanceaux donnent de moins gros fruits mais ont un goût, selon certains, plus savoureux.

Liste des variétés*Belle épine (marron) : gros fruit pour la conserverie.

  • Bouche de Bétizac (marron) : gros fruit.
  • Bouche rouge (marron) : gros fruit utilisé en conserverie, grillé, frais. Ardèche.
  • Bouche verte.
  • Bournette (marron) : assez gros, sucré mais peu goûteux.
  • Bourrue de Juillac : Corrèze.
  • Chalayoune.
  • Comballe : variété phare de l'Ardèche.
  • Corrive.
  • Dorée de Lyon : fruit moyen à gros, très bon en frais. Monts du Lyonnais.
  • Entouneyre.
  • Epinguaude.
  • Estivaude.
  • Figarette : petits fruits ; précoce. Cévennes.
  • Gène longue des Cévennes : très sucrée, Haut Languedoc.
  • Grosse de l'Hermitterie.
  • Grosse rouge.
  • Jasetto.
  • Laguépie : fruits très goûteux. Sud-ouest.
  • La piale.
  • Maraval.
  • Marki.
  • Marigoule : hybride de châtaignier européen et japonais. Arbre vigoureux et résistant aux maladies. Gros fruit utilisé frais.
  • Marron Dauphine.
  • Marron de Chevanceaux.
  • Marron de Goujounac.
  • Marron de Nontron.
  • Marron de Redon.
  • Marron d'Olargues : très sucré pour la confiserie et surtout vendu sur le marché du frais. Hérault.
  • Marron du Dauphiné : très bon goût, utilisé en conserverie et confiserie. Drôme, Isère.
  • Marron du Var.
  • Marsol.
  • Merle : le marron du nord de l'Ardèche.
  • Nouzillarde.
  • Patouillette jaune.
  • Pellegrine : très bonne conservation, très goûteuse. Bois de bonne qualité. Cévennes.
  • Précoce de Vans
  • Précoce Migoule.
  • Rousse de Ney.
  • Roussette de Montpazier.
  • Soulage première.
  • Verdale.
  • Vire vent.

Modes de consommationModifier

Les châtaignes peuvent se consommer grillées sous la cendre ou dans des poêles trouées ou, plus simplement, bouillies ou grillées au four. Elles sont vendues dans les rues en hiver au cri de « Chauds les marrons ! ». C'est sous cette forme (et ce cri) qu'elles sont vendues chaque automne dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon à l'occasion de la Vogue des marrons, grande fête traditionnelle du quartier vieille de plus de 150 ans.

On peut également les consommer fraîches.

En Suisse romande, notamment dans le Chablais et en Valais, un repas fait avec des marrons chauds accompagnés de raisin et de vin blanc est nommé brisolée, les châtaignes sont grillées dans un cylindre appelé brisoloir. C'est l'occasion d'une joyeuse agape d'automne.

Elles peuvent être confites au sucre et cristallisées (les marrons glacés, qui se vendent surtout en fin d'année), mises dans de l'alcool, cuites en confiture ou en purée.

Séchées, puis moulues, elles donnent une farine difficilement panifiable qui, mélangée, à hauteur de 30 %, à de la farine de froment peut servir à faire du pain, des crêpes, des galettes et des pâtisseries.

En Europe, les châtaignes font traditionnellement partie de certains plats de Noël et du Nouvel An. Bouillies, elles accompagnent des plats de viande, dont la célèbre dinde aux marrons. Le toupi est une grosse marmite dans laquelle on fait blanchir les châtaignes.

Dans les Cévennes, chaque mas avait sa clède pour faire sécher les châtaignes.

Autres spécialités gastronomiquesModifier

  • Flan à la châtaigne
  • Crème de marrons
  • Torche aux marrons, ou nid de cigogne (appellation alsacienne), ou vermicelles (appellation suisse)
  • Confitures, liqueurs, sirops
  • Châtaignons des marrons d'Olargues
  • Rôtis de châtaigne ou brisolée (Valais, Suisse)
  • Le Burgou, gâteau à la châtaigne typique de Châlus, dans la châtaigneraie limousine
  • Farine de châtaigne

Il existe des spécialités locales à base de châtaignes, notamment en Corse et en Sardaigne.

ConservationModifier

Les châtaignes sont prêtes à consommer fraîches dès qu’elles commencent à tomber de l'arbre. Mais il est possible de multiplier par 3 ou 4 leur durée de conservation en les trempant dans l'eau pendant 5 à 8 jours immédiatement après le ramassage pour détruire les parasites et leurs œufs (en veillant à ce que les fruits ne restent pas au sol plusieurs jours au contact de la terre, ce qui permettrait aux parasites de les attaquer et de les rendre impropres à la consommation).

Aussitôt après le ramassage, on immerge totalement les châtaignes dans une cuve remplie d’eau et après brassage des châtaignes, on élimine tout ce qui flotte. Ce sont des fruits véreux ou déjà pourris car les fruits sains plus denses ne flottent pas.

Ce trempage tue par asphyxie les larves parasites comme celles du carpocapse et du balanin qui sont en cours d’évolution dans quelques fruits. Il modifie chimiquement la chair de l’amande, lui conférant ainsi une forte résistance aux pourritures. Par ailleurs, les châtaignes traitées par trempage restent longtemps bien hydratées et résistantes à la dessiccation.

Le trempage doit durer au moins 5 jours (et idéalement 9 jours) avec un renouvellement quotidien de l’eau. Si on dispose d’une source captée, il suffit de laisser couler l’eau en permanence dans la cuve de trempage pour éviter d’avoir à la renouveler. On peut mettre les châtaignes dans des sacs filets (pour pommes de terre) pour faire tremper des lots différents et mis à plusieurs jours d’intervalle.

Il faut remuer les châtaignes chaque jour et éliminer les fruits noirs et mous qui peuvent encore remonter en surface. Ils étaient déjà pourris avant le trempage.

Après le trempage, les châtaignes sont étalées sur un plancher pour le ressuyage pendant 8 à 10 jours dans un endroit bien ventilé. Le séchage est terminé quand les châtaignes restent sèches au début du jour, sans traces de condensation nocturne. On peut alors les stocker dans un local frais et aéré (pas de cave) puis les remuer de temps en temps pour les aérer.

Divers et anecdotesModifier

  • La châtaigne est sans doute le seul fruit qui se récolte toujours dans son cadre sauvage.
  • La ville de Joyeuse (Ardèche) consacre un musée à la châtaigneraie ; en octobre, une grande manifestation réunit casténéïculteurs et public lors des « Castagnades » dans le Parc naturel régional des Monts d'Ardèche.
  • À Saint-Pierreville, la maison du châtaignier est consacrée à la découverte, la culture, l'histoire du châtaignier. Elle offre aussi un panorama de la production dans ses aspects les plus divers.
  • Dans le Var, à Collobrières, se déroule, les trois derniers dimanches d'octobre, la fête de la châtaigne, fruit cultivé à cet endroit depuis le XIIe siècle.
  • Une légende, inventée par un poète italien de la Renaissance, veut que le châtaignier soit né de la fureur (pro)créatrice de Jupiter. Courtisée par Jupiter, l'une des nymphes de Diane, Néa, préféra se tuer plutôt que de perdre sa vertu. Pour lui rendre hommage, le maître des dieux transforma sa dépouille en un arbre majestueux, le Casta Néa, dont les fruits garnis de piquants symbolisent cette triste aventure.
  • Une région du Cantal porte le nom de Châtaigneraie et la commune de Mourjou accueille la maison de la châtaigne.
  • En Haute-Corse, la région de la Castagniccia (Châtaigneraie en corse) tient son nom de la profusion de châtaigniers plantés à l'époque la domination de la République de Gênes, et fut parmi les plus riches de l'île, comme en témoignent ses nombreuses églises baroques. De même, une foire de la châtaigne a lieu chaque année au village de Bocognano (Corse-du-Sud) au mois de décembre.
  • Dans l'Ariège, la race de vache aure-et-saint-girons s'appelle aussi casta, à cause de sa couleur châtaigne.
  • En langage populaire, une « châtaigne » désigne un coup de poing ou un choc électrique. Dans le sud-ouest, on parle aussi de castagne quand l'on se bat : quand on donne et se prend des castas (des châtaignes).
  • "Tant que nous aurons des châtaignes, nous aurons du pain" (Pasquale Paoli, 1758).
  • Le châtaignier est l'emblème de la région Limousin, bien qu'il ne soit que la quatrième essence régionale en récurrence. Sa feuille est ainsi présente sur le logo du Conseil régional du Limousin.
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